Le widget de re-dimensionnement
L'absence des barres de défilement traditionnelles implique aussi l'élimination du petit paquet de pixels dans le coin en bas à droite de la fenêtre, où les barres horizontale et verticale se joignent. Depuis 1984, cet espace était la place du seul et unique contrôle utilisé pour re-dimensionner la fenêtre. Le réglage de préférence de l'aspect de la barre de défilement à "Toujours visible" rétablit cet espace cliquable, mais sans les lignes obliques traditionnelles.
Un dépit de son aspect uniforme, ce contrôle de re-dimensionnement fonctionne comme on s'y attend. Ce qui est inattendu, c'est la forme du curseur qui accompagne cette action. Le curseur à double flèche est utilisé depuis des années dans d'autres systèmes d'exploitation, principalement pour différencier un re-dimensionnement sur les deux axes (hauteur et largeur) d'un re-dimensionnement sur un seul axe (en hauteur seulement ou en largeur seulement). Quand il n'y a qu'un seul contrôle de re-dimensionnement par fenêtre, il est évident qu'il peut être utilisé sur les deux axes. Le nouveau curseur de Lion ne peut signifier qu'une chose...
Le re-dimensionnement de fenêtre de tous les côtés (image composite)
C'est vrai, basculeurs qui avez longtemps souffert, Lion autorise finalement les fenêtres à être re-dimensionnées par tous les côtés, et par les quatre coins, avec un curseur spécial pour chacun de ces huit points de départ. (Quand une fenêtre atteint sa limite de taille, le curseur montre une flèche pointant dans une seule direction, une touche originale).
Comme vous le voyez sur l'image ci-dessus, ce qu'Apple n'a pas fait est d'ajouter des bordures aux fenêtres. Alors, où aller exactement quand on veut re-dimensionner une fenêtre sans bordure ? On ne peut pas y échapper : quelques pixels doivent être sacrifiés aux dieux de la loi de Fitts
Quelques pixels sur la limite interne de la zone de contenu de la fenêtre (deux ou trois selon l'endroit d'où vous comptez) sont réservés au re-dimensionnent de la fenêtre. Vous pouvez toujours cliquer sur ces zones, et l'évènement va se propager correctement jusqu'à l'application qui possède cette fenêtre, mais vous allez cliquer avec un curseur de re-dimensionnement au lieu d'un curseur normal.
Cependant, deux ou trois pixels ne représentent pas une cible très large, si bien qu'Apple a choisi de mettre des pixels de chaque côté de la bordure de fenêtre. En dehors de la zone de contenu, quatre à cinq pixels sont aussi cliquables pour les besoins du re-dimensionnement. Les clics dans ces espaces ne sont pas envoyés à la fenêtre (ils sont hors des limites de la fenêtre), et ils ne sont pas envoyés à quoi que ce soit qui puisse se trouver derrière la fenêtre active -vous savez, la chose sur laquelle vous venez juste de cliquer. De cette façon, les fenêtres de Lion ont des limites fines et invisibles autour d'elles utilisées seulement pour le re-dimensionnement. (A la différence des fenêtres de Mac OS 8 ou 9, qui avaient une bordure visible, les fenêtres de Lion peuvent être déplacées par leurs bordures).
Quand des barres de défilement surimposées sont en usage, l'espace entier de 16 x 16 pixels du widget de re-dimensionnement traditionnel dans le coin en bas à droite est cliquable, ce qui en fait encore la cible la plus aisée pour le re-dimensionnement de la fenêtre, qu'il soit visible ou pas.
Widget Zoom Widget Unzoom.
Lion a quelques autres surprises sur les bordures des fenêtres, dont l'une est associée à la taille de la fenêtre. Les fenêtres appartenant à des applications qui acceptent le nouveau mode plein écran de Lion peuvent afficher une icône enfoncée de double flèche en haut à droite de leur barre de titre. Quand on clique dessus, cela amène la fenêtre à occuper tout l'écran. Les autres fenêtres, le Dock, et même la barre de menus sont cachés dans ce mode. La barre de titre de la fenêtre disparaît aussi, ce qui ne facilite pas la sortie de ce mode. Mais pointez seulement le curseur en haut de l'écran, et la barre de menus réapparaît et contient tous les menus attendus, plus une version inversée du symbole en double flèche. Cliquez sur les flèches qui se font face pour sortir du mode plein écran.
Mac OS X a toujours utilisé l'animation dans son interface utilisateur, en commençant par l' effet génie il y a plus de dix ans, avec une accélération associée à l' introduction du framework Core Animation il y a trois ans. Lion poursuit cette tendance. Dans presque toutes les applications nouvelles ou modifiées de Lion, s'il est concevable d'animer quelque chose, c'est fait. Le Finder est un bon exemple. Même des caractéristiques dont la fonctionnalité n'a pas réellement changé dans Lion comme le glissement de multiples items d'une fenêtre à une autre, reçoivent un nouvel habillage d'animations et d'affadissement.
Au mieux, l'animation communique explicitement une information qui était auparavant ou absente ou seulement implicite. Par exemple, l'animation génie informe l'utilisateur où va la fenêtre quand elle est minimisée. Dans d'autres cas, comme l'effet de vague dans Dashboard, l'animation peut ajouter un peu de fantaisie à l'interface.
Mais le danger guette. Une animation récemment découverte peut ravir l'utilisateur la première fois qu'il la voit, mais à la 350 ème occurrence, elle peut ne pas apparaître aussi magique. C'est particulièrement vrai quand l'animation rajoute un délai à la tâche, et si cette tâche est appelée fréquemment comme élément d'une tâche générale sensible au temps. L'effet de vague de Dashboard est acceptable parce que l'adjonction d'un d'un nouveau widget sur l'écran est une tâche peu fréquente. Mais si l'écran faisait des vagues à tout moment où une nouvelle fenêtre apparaît dans l'OS, les utilisateurs se cabreraient.
Et bien devinez ce qui se passe à chaque fois qu'une nouvelle fenêtre apparaît sur l'écran dans Lion ? Non, ce n'est rien d'aussi voyant que des vagues, mais il y a une animation. Chaque fenêtre démarre par un petit point centré sur la future position de la fenêtre sur l'écran, puis passe rapidement à sa taille réelle.
Cette animation n'apporte aucune nouvelle information. Elle ne dit pas à l'utilisateur d'où la fenêtre vient puisque l'animation démarre à la position finale de la fenêtre. Que l'animation retarde ou non l'ouverture de la fenêtre, elle semble au moins la retarder, ce qui est encore plus important. Ce type d'animation peut faire que Lion semble plus lent que Snow Léopard. Et quand une animation comme celle-ci bégaie ou perd quelques images à cause d'entrées/sorties nombreuse sur le disque, ou de l'utilisation du CPU, cela rend tout le Mac plus lent, comme quand vous jouez un jeu 3D à l'aide d'une carte vidéo inappropriée. Et pour quoi ? Pourquoi quelqu'un chez Apple espère-t-il une sensation durable de ravissement ?
Peut-être qu'il pourrait prétendre que l'animation attire l'œil plus qu'une fenêtre qui apparaît instantanément (bien que cela dépende probablement de la taille de la fenêtre et de ce qui est derrière elle sur l'écran). Pour des fenêtres non attendues, comme des boîtes de dialogue d'erreur, cela peut être bénéfique. Mais pour des fenêtres auxquelles on s'attend, (c'est à dire celles qui apparaissent en réponse à une action délibérée de l'utilisateur), l'apparition puissante de ces images mobiles est une distraction malvenue, pas un bénéfice.
On peut imaginer que cette animation va ravir certains utilisateurs, mais j'ai du mal à croire que le ravissement durera beaucoup plus que la première semaine. Cela fait, de façon perverse, que la fermeture d'une fenêtre est ressentie comme plus rapide que son ouverture avec Lion.
A la différence des comportements de défilement abordés précédemment, il n'y a pas de préférences accessibles à l'utilisateur pour ces animations, ce qui rend d'autant plus importante pour Apple l'obligation d'un bon équilibre. A mon avis, Lion dépasse la ligne à certains endroits ; la nouvelle animation des fenêtres en est l'exemple le plus choquant. Je cherche à trouver un moyen pour la supprimer.