Le nouvel aspect de Léopard des neiges
J'ai depuis longtemps regretté qu'Apple ne se démarque pas nettement, au moins visuellement, du passé Aqua de Mac OS X. Hélas, je vais devoir attendre un peu plus longtemps, parce que Léopard des neiges n'introduit aucune révolution de ce genre. Et encore, je suis là dans une section familière qui semble démontrer le contraire. La vérité est que Léopard des neiges change effectivement l'apparence de presque chaque pixel sur votre écran, mais pas de la façon dont vous pourriez l'imaginer.
Depuis l'origine de la couleur sur le Macintosh, le système d'exploitation a utilisé par défaut une valeur de correction de gamma de 1,8. Entre temps, Windows -autrement dit le reste du monde- a utilisé une valeur de 2,2. Bien que cela puisse paraître sans importance à tout le monde, sauf les graphistes professionnels, la différence est d'ordinaire apparente, même pour un observateur occasionnel, quand on voit la même image sur des écrans côte à côte, avec les deux méthodes d'affichage.
Bien que les adeptes du Mac préféreront instinctivement l'image avec un gamma de 1,8 à laquelle ils sont habitués, Apple a décidé que cette différence historique représentait plus de tracas que cela ne vaut. La correction de gamma par défaut sous Léopard des neiges est maintenant 2,2. Point !
S'ils arrivent à le voir, les utilisateurs vont probablement ressentir ce changement comme la sensation que l'interface de Léopard des neiges est un peu plus contrastée que celle de Léopard. Cela est renforcé par le nouveau fond d'écran du bureau par défaut, une version re-dessinée, et plus saturée que le fond d'écran par défaut de Léopard. (Notez que ces deux images entièrement différentes ne sont pas une tentative pour démontrer les effets des corrections de gamma différentes.)
Léopard (à gauche) et Léopard des neiges (à droite)
L'effet d'éclairage du Dock
Mais même au delà de la correction de couleur, à laquelle on peut s'attendre, Apple n'a pas pu résister à l'envie de rajouter quelques ajustements graphiques à l'interface de Léopard des neiges. Les modifications les plus apparentes sont associées au Dock. D'abord, ce nouvel aspect éclairé pris par l'icône dune application dans le dock quand on click dessus et maintien la pression. (Ceci lance Exposé, mais seulement pour les fenêtres qui appartiennent à l'application sur laquelle on a cliqué ; plus de détails plus tard).
Qui plus est, tous les menus Pop up du Dock sans exception, (et seulement du Dock), ont un aspect particulier dans Léopard des neiges avec un rendu spécifique de la sélection (qui, pour un changement, s'assortit assez bien au rendu des sélections dans l'ensemble du système).
Le nouvel aspect des menus du Dock... autoritaire.
Pour les utilisateurs de Macs d'un certain âge, ces menus rappellent le thème d'apparence Hi-Tech du mauvais épisode de Copland. Ils sont en réalité beaucoup plus subtiles, cependant. Notez les bordures translucides, qui accentuent les coins arrondis. Le gradient sur la sélection est aussi remarquablement maîtrisé.
Néanmoins, ceci est un rendu complètement nouveau pour une seule application (communément utilisée, il est vrai), et il n'y a pas un bit qui détonne avec l'apparence d'étagère inclinée et réfléchissante du Dock par défaut. Mais j'ai déjà dit ailleurs ce que j'en pensais, et bien plus. Si le serment concernant l'apparence de Léopard des neiges était "d'abord, pas de dégats", je serais alors enclin à décerner une mention passable -enfin, presque.
Si j'avais à caractériser ce qui ne va pas avec les additions visuelles de Léopard des neiges en deux mots seulement, ce serait ceci : tout s'affadit. Dans Léopard des neiges, Apple a saupoudré de la même façon chaque application, de la poussière magique de Core Animation. Si une partie ou une autre de l'interface apparaît, disparaît ou change d'une façon significative, c'est accompagné par une animation, et un ou plusieurs changements d'intensité.
A dose modérée, ce genre d'effets est bien. Mais en plusieurs circonstances, Léopard des neiges dépasse les bornes. Ou du moins, il dépasse mes bornes, qui se trouvent, il faut le noter, très loin à l'intérieur du pays Candy. D'autres, avec une moindre tolérance pour les animations, et qui sont déjà irrités par les colifichets de Léopard et des précédentes versions ne vont pas trouver grand chose à aimer dans les modifications visuelles de Léopard des neiges.
Celle qui m'a littéralement poussé à bout, c'est la petite danse futile du nom de fichier qui intervient dans le Finder (oh surprise !) quand on renomme un fichier sur le bureau. Il y a là tant de variations d'intensité, de modifications de couleurs, et de déplacements de texte qui interviennent si rapidement, et sont concentrés sur une si petite surface, que cela me fait hurler. Et que j'attende ou non que ces animations soient finies pour pouvoir utiliser ma machine, j'en ai en tout cas le sentiment désagréable.
Cependant, je peux sans enthousiasme prédire que la plupart des gens normaux (c'est à dire ceux qui ne vont pas lire tout cet article), ou bien trouveront réjouissantes ces nouvelles touches visuelles, ou bien (plus vraisemblablement), ne les remarqueront même pas.
Animation mise à part, l'uniformité visuelle de Léopard des neiges présente à Apple un certain défi pour le marketing. Même au delà de problème évident qu'il y a à promouvoir auprès des consommateurs une mise à jour de système d'exploitation avec "aucune nouvelle possibilité", il y a la difficulté d'obtenir que les gens remarquent au moins que ce nouveau produit existe.
Dans la période qui a précédé la livraison de Léopard des neiges, Apple s'en est tenu à une version modifiée du thème de l'espace utilisé dans Léopard. Elle était dans les diapos de la keynote, sur les banderolles de la WWDC, sur les DVDs de la livraison aux développeurs, et partout sur le site d'Apple à la section consacrée à Mac OS X. L'image d'entête de la page web d'Apple sur Mac OS X jusqu'à une semaine avant la sortie de Léopard des neiges apparaît ci-dessous. Elle est plutôt froide et sèche : l'espace, les étoiles, de riches nébuleuses violettes, un reflet de lentille.
Léopard des neiges, la dernière frontière
Puis est venu le golden master de Léopard des neiges, qui dans un changement agréable par rapport aux précédentes livraisons, a été distribué aux développeurs quelques semaines avant que Léopard des neiges soit livré. Le disque d'installation présente un aspect entièrement différent, qui a finalement été retenu pour le conditionnement de détail. Pour apprécier le changement, alignons les disques plutôt que le conditionnement (qui s'est rapidement rétréci au point de n'inclure que le disque, de toute façon). Voici, de gauche à droite, et du haut vers le bas, les disques de Mac OS 10.0 à 10.6 (les disques 10.0 et 10.1 d'aspect identique ont été réunis).
Eh oui, c'est un léopard des neiges. Avec de la neige dessus. Un peu trop sur le nez, à mon goût, mais pas sans un certain charme. Et il y a une chose importante qui va avec : il est immédiatement reconnaissable comme quelque chose de nouveau, et de différent. On ne peut pas le rater ; c'est comme cela que je peux résumer le conditionnement. Huit ans d'un X géant, centré, embelli de façons variées, et boum, un chat. Il y a peu de chances que quelqu'un qui a vu Léopard sur l'étagère d'un distributeur Apple pendant deux ans ne s'aperçoive pas qu'il s'agit là d'un nouveau produit.
Si vous voulez avoir votre propre image de Snowy, le léopard des neiges (c'est moi qui l'ai nommé ainsi), Apple a eu la gentillesse de l'inclure dans les les images de fond d'écran avec le système. Les utilisateurs impénitents de Windows peuvent le télécharger directement.