Les performances
Chaque nouvelle version de Mac OS X a été plus rapide, sur un même matériel, que la précédente. J'ai dit la même chose dans tous mes comptes-rendus, mais la définition de "plus rapide" est évidemment floue quand on l'applique à l'ensemble du système d'exploitation.
Il y a au moins deux manières importantes pour rendre un OS plus "rapide". La première, c'est l'optimisation de code traditionnelle, dans laquelle chaque sous-système est amélioré pour prendre moins de temps de CPU, ou moins de mémoire, ou faire moins d'entrées/sorties disque, ce qui prend moins de temps pour la même tâche. Le second facteur est la vitesse perçue. Bien qu'une tâche puisse durer effectivement plus longtemps, elle peut donner l'impression d'être plus rapide grâce à des modifications dans la façon dont l'OS réagit pendant le processus.
Le lancement des applications est un exemple caractéristique qui combine les deux. Vous pouvez mesurer le temps que prend une application à terminer sa mise en route, ce qui vous donne une mesure de la performance réelle. La performance vécue, d'un autre côté, s'apparente plus au nombre de rebonds que l'icône fait dans le Dock, quand la première fenêtre de l'application commence à se dessiner, et à l'apparition ou non d'une roulette multicolore pendant le lancement.
Léopard, comme ses prédécesseurs, va plus vite sur le même matériel dans les deux cas de figure. Les frameworks ont été largement révisés et optimisés, ce qui apporte des bénéfices de performance indéniables dans les domaines du tracé sur l'écran (2D et 3D), de l'affichage de texte, et de la plupart des caractéristiques qui étaient nouvelles sous Tiger.
Notamment, l'amélioration de Spotlight est symptomatique. Peut-être que cela va se dégrader dans le temps, mais après quelques mois d'utilisation, elle est encore rapide comme l'éclair. J'ai en fait été trop paresseux pour installer Quicksilver sur chacune des pré-versions de Léopard, comptant à la place sur Spotlight comme lanceur rapide, une chose qui aurait été inconcevable pour moi sous Tiger. Et Léopard ne s'en tire pas aussi bien seulement pour l'indexation d'une nouvelle installation. Non, il indexe plus de deux millions de mes fichiers.
Cela nous amène à une chose intéressante. Est-ce que un Spotlight plus rapide contribue à rendre l'OS plus rapide ? Pour moi, oui. Dans l'optique d'un utilisateur, un OS est une collection de caractéristiques et d'applications associées. Seuls les spécialistes se soucient de la définition réelle d'un système d'exploitation, en prenant en compte seulement les services de bas niveau. Dans Léopard, Spotlight est plus rapide de façon perceptible et mesurable, et cela fait la différence, pour les utilisateurs.
En ce qui concerne Spotlight, l'addition continuelle de "services système" similaires dans Mac OS X a posé quelques problèmes. Quand ils démarraient sous Tiger, par exemple, les utilisateurs avaient à supporter une longue attente d'accès disque intenses, pendant que Spotlight indexait tous leurs fichiers. Bien sûr, cela se passait en tâche de fond, mais cela ralentissait les choses. Et ce qui est peut-être plus important, le son du disque dur, moulinant dans les coulisses peut être plutôt dérangeant.
Maintenant, Léopard incorpore Time Machine, qui est conçu pour faire encore pire : initialement, lire, puis écrire, le contenu entier de chaque fichier de votre disque. Cela n'est pas très lourd quand il s'agit des entrée/sorties sur le disque. Dans la pratique, l'avantage est que cela n'a pas à intervenir immédiatement après le premier login. Si vous n'assignez pas de disque à Time Machine, elle ne va rien faire. Et vous pouvez toujours mettre Time Machine hors fonction temporairement, à l'aide de son gros bouton à glissière, puis la remettre en route quand vous êtes éloigné(e) de votre ordinateur pour quelque temps. Ce contrôle amélioré contribue grandement à faire de Léopard une mise à jour plus agréable.
La plupart des applications fournies sont plus rapides sous Léopard, ne serait-ce qu'en utilisant le disque de façon moins intensive au lancement. Un rebond dans le Dock, quelques clicks du disque, et la plupart des applications sont prêtes à démarrer. J'ai l'impression d'être un peu abusé pas l'élimination d'un rebond ou deux, mais le chronomètre le confirme, même si ce n'est que pour des fractions de secondes dans la plupart des cas.
Le redimensionnement des fenêtres fait un nouveau petit pas vers une réponse immédiate, aidé sans nul doute par un tracé plus rapide du texte, et les optimisations des frameworks de Cocoa. iCal demeure le meilleur (ou le plus mauvais?) candidat de test pour cette tâche. Cela traîne encore un peu, mais ça s'améliore.
J'ai le sentiment que de vrais gains de performance viendront quand les développeurs indépendants (et Apple aussi, je suppose) auront le temps d'optimiser en utilisant Quartz GL, en compilant pour le 64 bits Intel, en utilisant le nouvel exécutif Objective-C 2.0, et ainsi de suite.
En résumé, c'est un peu plus des mêmes choses, pour la performance de Mac OS X dans Léopard : une amélioration régulière, avec quelques réussites éclatantes, et pas vraiment de défauts.
Pendant longtemps, au tout début du processus de développement de Léopard, il n'était même pas capable de démarrer correctement sur mon Mac à Power PC. Chaque nouvelle version proposée aux développeurs déclenchait une "kernel panic" avant d'arriver au Finder. C'était décourageant, c'est le moins qu'on puisse dire. Aucune version précédente de Mac OS X ne s'était comportée de façon aussi mauvaise, aussi longtemps, au cours du développement. Finalement, la panique du noyau fut éliminée. Mais à mesure que le mois d'Octobre approchait, il y avait encore un nombre alarmant de choses qui ne marchaient pas correctement. Je ressentais l'expérience de la version 10.0.0 pleine de bogues.
Et puis vers Septembre, Apple a livré une version qui semblait miraculeusement faire tout marcher, et bien. Evidemment, je ne sais pas si les pré-livraisons d'Apple aux développeurs concordent avec l'état réel du code de l'OS utilisé en interne. Peut-être qu'Apple restait en arrière, livrant de vieilles versions, pendant que la révision principale chez Apple était encore dans un état instable, et attendait le dernier coup de pouce. Mais quoi qu'il en soit, cette impressionnante livraison aux développeurs fut une victoire sans précédent dans l'histoire du développement de Mac OS X. Cette livraison de Septembre fut tellement bonne, si stable, que j'ai cru que ce pouvait être le Gold Master.
Et bien, le vrai disque-maître est tout aussi bon, sans doute même meilleur, bien que je n'aie jamais eu un seul crash de quoi que ce soit dans la livraison de Septembre. Bien sûr, je n'ai qu'un ensemble limité de matériels et de logiciels à tester, si bien que je ne peux pas dire catégoriquement que cette livraison 10.5.0 sera parfaite pour tout le monde. Et oui, le miracle de Septembre me donne un peu de répit. Mais je suis raisonnablement optimiste en pensant que 10.5.0 ne sera pas une répétition de 10.4.0. Cela dit, la version 10.5.1 n'est certainement pas très loin. Il me semble simplement que vous n'en aurez pas un besoin désespéré quand elle va arriver.