L'interface Utilisateur Graphique
Ce qui a fait l'originalité et l'attrait du MacIntosh depuis sa sortie (Janvier 1984), c'est bien sûr l'interface graphique, mais aussi le soin apporté à l'interface utilisateur : tous ces petits détails bien rodés qui définissent les modalités d'action d'un utilisateur quand il veut faire quelque chose, et la façon dont le système lui répond.
Ces détails font l'objet du chapitre 2 (The Macintosh User Interface Guidelines) du volume I de Inside Macintosh, une série de publications parue à partir de 1987 à l'usage des développeurs, que pour la circonstance, je suis allé exhumer de ma cave. Un autre chapitre (User Interface Guidelines) est paru en 1991 dans le volume VI et concerne le système 7 de Mac OS Classique. Avec la sortie de Mac OS X, paraît (le 1er Octobre 2001) une première version "Aqua Human Interface Guidelines" qui a été régulièrement complétée et mise à jour, jusqu'à la dernière version disponible aujourd'hui, intitulée "Apple Human Interface Guidelines". Si l'anglais ne vous est pas trop pénible, je vous invite à consulter ce document, sur lequel je vais m'appuyer pour la rédaction des pages qui suivent.
Car malheureusement, depuis plusieurs années maintenant, Apple a décidé, non seulement de changer les règles qu'elle avait définies avec beaucoup de soin, mais aussi de s'en affranchir sans scrupules, dans beaucoup de ses applications. La conséquence, c'est que l'interface utilisateur du Macintosh s'est considérablement dégradée (à mon humble avis), au profit de gadgets le plus souvent inutiles et idiots, tout à fait opposés à la rigueur qui a fait le succès du Mac. Le paroxysme a été atteint pour le moment (mais que nous réserve l'avenir ?), avec les nouveautés de Snow Léopard, dont j'ai déjà eu l'occasion dans ces pages de montrer la stupidité et le mauvais goût.
Certains me diront qu'il s'agit d'une affaire de goût, et c'est d'ailleurs ce que m'a répliqué un haut responsable du développement chez Apple, quand j'ai cherché à l'alerter sur les dérives de l'interface utilisateur. Un récent sondage de MacBidouille sur le degré de satisfaction de Snow Léopard a fait état d'une écrasante majorité d'utilisateurs satisfaits (sur plus de 20 000 réponses). Je suis au regret de dire que je ne partage pas du tout cette opinion (même si elle est majoritaire). Pour moi, l'interface utilisateur de Mac OS X file un très mauvais coton ; elle s'est engagée dans des dérives graphiques destinées à mettre en valeur la puissance des outils disponibles, sans prendre en compte leur justification ou leur utilité. Le résultat est bien souvent déplorable.
Je vais donc continuer à mener campagne pour que le bon sens prévale au détriment du mauvais goût et de la poudre aux yeux. C'est l'objet de cette page, et de celles qui vont suivre. Je suis peut-être un vieux fossile, mais je ne peux me résoudre à accepter les fenêtres semi-transparentes sans nécessité, le thème mortuaire qui envahit l'interface utilisateur et les applications, et les choix idiots qui contribuent à gâcher de la place inutilement sur un espace pourtant déjà trop limité, l'écran du moniteur.
Le maniement du Macintosh est devenu au fil du temps de plus en plus complexe. Plutôt que de réfléchir à ce qui est réellement utile, on a multiplié les options et les manières d'accomplir de plusieurs façons la même tâche. Il peut parfois être utile d'obtenir le même résultat de deux façons complémentaires (l'item de menu, ou le raccourci clavier associé), mais quand je vois le Dock chercher à singer le Finder en affichant (dans un espace mortuaire) des dossiers tout entiers, je m'interroge sur les motivations (ou la sanité d'esprit) des gens qui conçoivent ces complications inutiles.
Pire, ces contorsions gratuites dispensent de remédier aux défauts et aux lacunes criants de l'interface utilisateur. Chemin faisant je vais donc aussi évoquer ce que je voudrais voir venir, et qui se fait trop attendre.
Il ne suffit pas de l'affirmer, il me va falloir le montrer en prenant des exemples précis et démonstratifs. Et pour cela, rien de mieux que de reprendre la lecture des anciens et du récent "Guide de l'Interface Utilisateur", pour voir comment les recommandations d'Apple ont été appliquées (ou ne le sont pas).
A l'origine, les "Macintosh User Interface Guidelines" sont destinées à définir des règles et des recommandations, que doivent de préférence respecter tous les concepteurs de logiciels sur le Mac. Comme ces "Guidelines" ne sont disponibles qu'en anglais, et ne sont pas nécessairement accessibles aux lecteurs francophones, je vais me permettre d'en traduire ou d'en résumer de larges extraits, qui je l'espère vous ouvriront quelques horizons.
Selon Apple, le respect de ces lignes de conduite permet de disposer d'applications qui ont toutes un air familier, et répondent de façon uniforme aux sollicitations de l'utilisateur :
• cela permet aux utilisateurs un apprentissage plus rapide.
• des applications bien conçues permettent de travailler plus vite
• elles peuvent s'adapter à des besoins spéciaux
• elles vont ressembler aux applications fournies avec Mac OS X
• une interface intuitive, et un comportement standard limitent les besoins de documentation
• la nécessité d'un support aux utilisateurs en est réduite
• la localisation est plus facile
• le jugement sur l'application sera plus positif.
En respectant les lignes de conduites de l'interface utilisateur, on obtient des applications intuitives, familières,élégantes, et puissantes. Voilà ce que dit l'introduction aux "Apple Human Interface Guidelines".
Que faut-il en penser ?